Actualités

#Cancer du poumon : les non-fumeurs sous-diagnostiqués

Written by admin

Cancer du poumon et tabac sont très fortement liés. De ce fait, les non-fumeurs ne sont pas assez diagnostiqués, alertent des chercheurs britanniques. Ils sont pourtant de plus en plus nombreux à être concernés.

Si le tabac en constitue l’un des premiers facteurs de risque, le développement d’un cancer du poumon peut être lié à de nombreux autres éléments. Ainsi, une personne qui n’aurait jamais touché une cigarette de sa vie n’est pas pour autant protégée contre la maladie. « Ces cas sont d’ailleurs bien plus nombreux que l’on pense », assure le Pr Paul Cosford, directeur médical de l’agence gouvernementale britannique Public Health England (Santé publique en Angleterre) repris par le Daily Mail.

Avec son équipe du Centre for Cancer Outcomes de l’University College London Hospitals Cancer Collaborative (Royaume-Uni), le chercheur met en avant dans une étude, publiée dans le Journal of the Royal Society of Medicine le mois-dernier, la sous-estimation de cette pathologie chez les individus non-fumeurs. « Pendant trop longtemps, le cancer du poumon n’a été considéré que comme une maladie liée au tabagisme », continue-t-il. Pourtant, selon les recherches, une victime sur sept ne fumerait pas.

UNE « MALADIE CACHÉE »

Au total, quelques 6 000 britanniques n’ayant jamais fumé meurent ainsi chaque année d’un cancer du poumon. C’est bien plus que le nombre de décès par cancer du col de l’utérus (900), lymphome (5 200), leucémie (4 500) ou cancer des ovaires (4 200). Les scientifiques prédisent que d’ici une décennie, ces non-fumeurs dépasseront les fumeurs parmi les patients atteints. Cette situation « représente un défi diagnostique, en particulier pour les omnipraticiens (médecins généralistes, ndlr) qui cherchent à trouver un équilibre entre la surinvestigation, un diagnostic précoce et des soins de grande qualité », écrivent les auteurs de l’étude.

Les praticiens ont en effet du mal à détecter les symptômes de ce cancer chez les personnes qui ne fument pas, car ils commencent généralement par une toux persistante. Alors que les accros à la cigarette se voient rapidement prescrire un scanner s’ils présentent ce signe distinctif, les autres sont généralement considérés à faible risque. « Malgré les progrès de notre compréhension, [ces personnes] ne croient pas être à risque et sont souvent confrontées à de longs retards dans le diagnostic, ce qui réduit leurs chances de recevoir un traitement curatif », explique le Pr Cosford.

TABAGISME PASSIF ET POLLUTION

Les auteurs de l’étude invitent donc à sensibiliser la population non fumeuse aux différents facteurs de risque du cancer du poumon. Les personnes fréquemment en contact à la fumée de cigarette sont par exemple particulièrement exposées. Le tabagisme passif serait à l’origine de 3 000 à 5 000 décès par an en France. Être exposé à des produits cancérogènes de façon chronique, au travail ou chez soifavorise également la pathologie. La pollution atmosphérique est quant à elle tout autant incriminée. « L’abstinence tabagique ne rend pas intouchable », concluent les chercheurs.

Source :

About the author

admin